MALO
L'éditrice • Le Dédain • Édition bleue, avec photgraphies
Édition originale augmentée de photographies.
Signée • Dédicacée • Numérotée.
❝ C’est un palace de mauvais goût sur la côte fleurie.
Les chambres les plus chères regardent la mer,
à quelques rues de la place Marcel Proust.
Ils ont forcé le violet, le pourpre, le rose, le rouge ;
le bleu des plafonds est fade, éteint. Ce que j’ai vécu ici pour l’écrire fut si difficile –
et en même temps si peu difficile. Le foutre tombe. Les hommes errent dans les couloirs en slip,
caressent une queue lourde, portent des sabots fourrés.
Mais il y a une femme – moi –
dont les talons claquent comme deux blocs de béton. J’écris :La scène
Le foutre coule sur mon visage.
Je suis couchée sur le ventre.
J’écarte ma culotte.
J’ouvre le cul.
Les mains s’abattent sur moi.
Je suis une béance noire.
J’ai la fente vive.
Ma chatte est infinie.
Elle est le fruit de l’eau.Vous l’avez déjà lu. Rien ne m’obsède plus qu’une bonne queue – admirable, excentrique, redoutable.
Quand j’en suce une, je n’ai plus de maison.
C’est tout droit et de travers, du haut vers le bas,
comme un dentier qui déraille.
Je respire mal sous les poils.
Je ne suis ni belle ni laide : j’ai le physique de la banalité. « Banale. Elle a cette noblesse de la banalité. Elle est invisible. »
(Marguerite Duras)Pas assez belle pour choisir,
trop ordinaire pour faire la fine bouche. Le foutre sent la liberté.
Les bourses pèsent sur mon cœur.
Ma langue a le goût d’une jeune fille.
Le jus qui s’échappe de ma fente sent l’amande.
Je ne perds plus de sang. Ma mère aimait la poésie théâtrale de Pouchkine.
Elle disait : « Je suis triste depuis que tu es née »,
et elle riait aux éclats.
Elle avait le goût du drame.
Moi, je la comprenais – elle mentait sans cesse
pour s’inventer une autre vie.
L’iris était sa fleur préférée. Moi je n’aime pas les œillets :
ma mémé disait « Marie-Laure, viens te laver l’œillet »
et me tendait un gant humide.
Enfant hardie, solitaire et gaie,
l’été je faisais sécher mon œillet au soleil,
je léchais mes doigts salés par la mer.
Je croyais au bonheur, au destin. Mon pépé tirait les cartes :
il me prédisait une vie triste et sans amour.
Il s’est trompé à 90 %,
comme l’écrivait Ezra Pound. Dans ce texte j’ai voulu écrire de la pornographie.
L’envie s’est retirée.
Pardonnez-moi.
Je sais que vous l’attendiez. La pornographie est la chair – donc vivante.
Mais mon corps est meurtri. J’ai dû assembler des textes, écrire.
Si je n’étais pas venue ici, j’aurais cessé.
Ce que j’ai fait ici, je l’ai déjà fait dans quelques livres.Mon père me donnait des fessées.
Sa main s’abattait sur moi.
(Notez que j’ai écrit plus haut : « et les mains s’abattent sur moi ».) Enfance : mon sexe était rose et étroit.
Avec les années il est devenu brun, lâche.
Et il y avait tant et tant à voir, à découvrir.La scène
À huit ans j’ai poussé mon père dans l’escalier.
Il portait un pantalon en velours.
Rien après ne fut tout à fait pareil.
Je portais une robe jaune.
Mon pipi se confondait avec le tissu.
Mes pensées étaient bien plus folles que moi.❞
_
Format : 14 × 19 cm
Papier bouffant – Couverture à rabats
128 pages
Imprimé en UE
_
☞ À noter :
► Expédition sous 3 jours
► Derniers exemplaires disponibles
☞ Expédition vers :
► France
► Italie
► Belgique
► Espagne