COLLONGUES

5.00 EUR

Anne Collongues | L'incendie

C’est le récit d’un incendie. Un incendie qui se déclare au milieu de la nuit dans un immeuble parisien. Ce n’est pas vraiment un récit, c’est plutôt une scène. Le récit vient de l’homme qui voit la scène. Le récit entre en scène parce qu’il y a un homme et que c’est à travers son regard que nous voyons. Cet homme est assis dans un bar de l’autre côté de la rue, témoin immobile : cadre fixe sur la scène. La vitre du bar derrière laquelle il se trouve, étouffe les sons de la rue, ajoute des reflets : dans la vitre se rencontrent le visage de l’homme et les lumières clignotantes des camions rouges stationnés. Cet homme aurait pu être celui qui passe en voiture, détourne la tête de la route en ralentissant. Dans la rue habituellement vide à cette heure, habituellement sombre et endormie, celui qui observe l’agitation anormale en continuant de rouler. Cet homme aurait pu être un habitant de l’immeuble voisin, évacué par prudence, qui du trottoir, en attendant de rentrer chez lui, suivrait du regard les mouvements des uns, l’inaction des autres, les allées et venues dans la nuit agitée. Mais l’homme est assis dans une salle de bar. Le lieu a été choisi surtout pour cette vitre qui l’isole de la scène, et sa chaise est le gradin d’où il observe sans bouger. La vitre comme un écran le met à distance et le repousse au fond, dans le noir de la salle : retrancher l’homme au spectateur et le feu, à mesure, diminue dans la réalité pour n’être bientôt plus qu’une suite d’images dont le mouvement, comme celui d’un manège, à tout instant menace de s’interrompre.

+ Dimensions 15 X 21cm
+ Support papier bouffant
+ 2 feuilles pliées l'une dans l'autre
+ Édition fanzine

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Les livres des éditions Derrière la salle de bains sont fabriqués à la main, toute la papeterie également. Les tote bags sont imprimés dans un atelier parisien.